Il y a du sacré dans les pommes, qu'elles soient du jardin d'Eden, des Hespérides ou du supermarché du coin... Alors elle goûte à l'acidité du fruit avec délectation. Elle mange les fruits des Dieux. Aali n'aime pas que tu dises les " Dieux, tu le sais bien! Aïsha la lyrique est un peu animiste, c'est vrai; elle tient cela de sa mère. Elle entend parler les arbres et murmurer les pierres, elle voit l'aura des fleurs... " Ce que tu vois et entend dans chaque chose est la main et la voix d'Allah... " lui a dit un jour Aali... Elle n'a jamais prétendu le contraire. Elle l'exprime seulement d'une autre manière, plus douce et plus intime, sans parole. " Comment Aïsha s'est-elle retrouvée seule, un matin, sans son mari ? Une simple histoire de rupture, peut-être, mais ce matin était celui du 11 septembre. et Aali s'était laissé pousser la barbe depuis qu'il fréquentait activement ses frères de religion. Aïsha va devoir entreprendre, au milieu de toutes ses paroles étrangères qui font écho en elle, une douloureuse quête de vérité, qui la conduira à affronter, de surprise en surprise, les affres de sa condition de femme et d'être humain.