Accompagnatrices passives d'hommes aux activités variées, gardiennes
des codes et des valeurs des sociétés d'origine, les migrantes du passé ont
été souvent dépeintes comme des épouses, des filles ou des mères
confinées à la sphère domestique. Les portraits de femmes migrantes
rassemblés ici ont pour premier mérite de montrer que cette image ne fut
jamais qu'un mythe. De la Bretonne qui gagnait le Paris du XIXe siècle,
aux infirmières venant des Caraïbes, des Chinoises qui s'implantent en
France aux Irlandaises installées à Québec, toutes travaillent, au sein du
ménage comme à l'extérieur de celui-ci.
Les formes genrées du travail immigré ne sont cependant jamais tout à fait
les mêmes. Empruntant à la sociologie ou à l'anthropologie, les historiens
reconnus qui nous font ici part de leurs recherches s'interrogent sur les
formes, le sens et les implications de celui-ci. Le travail salarié est-il
toujours pour la femme migrante la condition de son autonomie ?
Favorise-t-il une redistribution des rôles au sein du ménage ? Et comment
comprendre, sur la longue durée, à la fois les traits pérennes du travail
féminin migrant et ses transformations récentes ?
Ce recueil, qui intéressera les spécialistes des questions d'immigration,
permet aussi à tous de mieux comprendre les formes prises par le travail
dans les sociétés contemporaines.