Au gré des souvenirs qui émergent et qui en appellent dautres, au sein de ce mouvement de flux et de reflux de la mémoire, un autoportrait se dessine, se profile, se crée. Entre le Paris des années détude et le Maroc des racines, de mésaventures sentimentales en réminiscences des histoires dantan, Amazir donne corps à une intériorité... Une âme plurielle, jamais totalement fixée et inamovible, se perdant dans les maths tout autant que dans les romans de Dostoïevski, contemplative et réflexive, forgée surtout par ces amours trop vite éclos, trop vite partis. Pénétrer dans le texte de Mustapha Bouhaddar, cest accepter de sillonner un univers fait de sables mouvants, de glissades, de brusques changements de perspectives et de contextes. Cest entrer dans un ouvrage qui fonctionne sur le mode de limprovisation, porté par une écriture souveraine, absolument dégagée des contraintes formelles . Cest en somme comme sabandonner à ces musiques free-jazz, insaisissables, qui passent par-dessus les murs de la raison pour toucher à lintimité et aux secrets dun cur.