La damnatio memoriae fut prononcée par le sénat contre Néron après sa mort pour organiser matériellement son oubli. Autorisait-elle aussi la manipulation de l’Histoire ? Néron était-il ce tyran cruel et manipulateur, ce persécuteur des chrétiens, le coupable du grand incendie de Rome, prêt à abandonner l’empire au bord de la guerre civile ? Comment le dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne finit-il par devenir l’« ennemi public » ? Souvent érigé en symbole de ce que la Rome antique a accouché de plus monstrueux, Néron a toujours attisé les passions. Au fi l d’une fresque élégante, aussi accrocheuse qu’instructive, Jean Dreydemy en offre aujourd’hui une vision moderne, en nuançant un portrait que la légende voulait noirci à jamais. Une réhabilitation alliant psychologie et soucis du détail, sondant l’âme de l’empereur artiste maudit.