Alors que Liz n'est plus là, je le
sais, et qu'il ne reste maintenant,
un an après les faits, qu'une légère
sensation de vide, je continue de
penser qu'elle est là, quelque
part, sous une forme ou une autre,
accrochée à la poussière qui se fixe
aux rideaux vert pâle du salon, sur
les ondes radio qui se propagent
dans les airs, ou peut-être mise au
courrier avec la mauvaise adresse,
qui finira par arriver à retrouver le
chemin de chez moi. J'ignore si ce
sentiment est sain.
La ville paraît toujours habitée de
sa présence. Le premier léger dégel
de printemps a commencé et, sous
la glace, on sent le ruisseau couler de façon un peu plus
évidente. Parfois, lorsque je descends jusqu'à son lit,
je vois un poisson nager, telle une main fantôme, à
travers la surface verglacée.