Les réformes en cours au nom de la sécurité et du droit des usagers
invitent à mieux comprendre le dispositif français de protection de l'enfance.
L'histoire de l'association Olga Spitzer, des années 1920 à nos jours,
y contribue.
Cette association est en effet à considérer comme un prototype. Elle
naît en 1923 dans le département de la Seine, à l'instigation d'un cercle de
réformateurs de la Justice des mineurs, inspirés par la démocratie américaine
et proches du courant radical-socialiste. Ces innovateurs étaient
convaincus que la création d'un service social près du Tribunal pour
enfants et d'un centre d'accueil et d'observation était une des meilleures
réponses à apporter aux problèmes des enfants maltraités, difficiles ou
délinquants, et à leur famille. Ils défendaient aussi l'idée que seuls des professionnels
qualifiés auraient les compétences requises pour réaliser de
telles missions.
L'association Olga Spitzer porte dès son origine deux ambitions intimement
liées : empêcher que les enfants soient envoyés en prison ou en
maison de correction ; éviter que les parents «indignes» soient déchus de
leur autorité parentale, en leur apportant aides et conseils.
Cette monographie, illustrée de témoignages, s'appuie sur un important
corpus d'archives privées et publiques. Elle met en relief les relations
entre les faits institutionnels et les décisions politiques dans les contextes
socio-économiques successifs. L'ouvrage apporte ainsi un éclairage tout à
fait original sur les mutations du droit des mineurs, sur les conceptions de
la santé publique et des politiques familiales ainsi que sur l'évolution du
travail social et éducatif au cours du XXe siècle.