Pourquoi tombons-nous malades ? Comment se fait-il que, placés dans les mêmes
conditions environnementales, sociales, affectives, et confrontés à un risque identique,
certains vont contracter la maladie et d'autres pas ? Peut-on avoir mal à l'âme
plutôt qu'au coeur ? Une souffrance morale extrême à la suite d'un décès ou d'une séparation
provoquerait-elle un infarctus ou un cancer ? Un stress violent serait-il à l'origine
d'un eczéma ? Comment penser ces traces qui s'inscrivent sur et dans le corps ? Sont-elles
des marques de la rupture ou de la continuité d'une transmission des générations
passées à celles à venir ? Sont-elles à entendre dans la normalité ou la pathologie du
corps mémorisant dans lequel elles résonnent ?
Si la réponse à ces questions reste encore un sujet de controverse, tout le monde
s'accorde néanmoins pour reconnaître aujourd'hui que le corps et l'esprit sont étroitement
liés et structurent l'Être. Avancée de la médecine psychosomatique, progression
des neurosciences, émergence de travaux français et anglo-saxons sur le développement
du foetus et du bébé, travaux psychanalytiques nourrissent la réflexion sur les
résonances complexes entre corps et psyché.
La diversité des auteurs réunis montre que le débat est toujours ouvert sur la question
du sens des pathologies somatiques, de la signification symbolique du symptôme,
comme au temps de Freud, Groddeck et Ferenczi, ou d'Alexander, Marty et Valabrega.