Les transformations des formes conjugales et familiales (couples mixtes,
familles recomposées, adoptives, monoparentales, homoparentales) et les avancées
scientifiques en matière de procréation interrogent les modèles normatifs
juridiques, religieux ou politiques ainsi que les représentations sociales, les pratiques
religieuses et le fonctionnement des institutions.
À travers leurs travaux au croisement du religieux, du genre, de la sexualité et
de la famille, des chercheurs en sciences sociales et humaines montrent comment
les individus, les institutions religieuses et les autres acteurs sociaux (politiques,
juridiques, médicaux, médiatiques...) agissent et interagissent.
En dépit de l'évolution des idées, des pratiques et des techniques, la dissociation
entre filiation et engendrement n'est pas encore complètement entrée dans
les représentations sociales. En témoigne le statu quo sur lequel a débouché la
révision des lois de bioéthique en 2011, notamment en maintenant l'anonymat
des dons de gamètes, l'interdit du recours à la grossesse pour autrui et l'accès
à l'assistance médicale à la procréation aux seuls couples hétérosexuels.
La référence récurrente à la «nature» dans le droit, dans les pratiques et les
imaginaires collectifs, relève de la sacralisation des liens biologiques. À certains
égards, la référence au biologique et le discours religieux puisent au même
réservoir de sens. Cette dimension symbolique nous donne ici à penser.