«L'oeuvre de Félix est à découvrir ou redécouvrir», écrivait déjà
dans Chimères Gilles Deleuze en 1992, après la mort de Félix
Guattari. Ce nouveau numéro de Chimères veut inviter les
lecteurs à découvrir ou redécouvrir le concept d'«écosophie»,
élaboré par Félix Guattari en 1989 dans Les trois écologies (dans
un sens très différent de celui donné à ce mot par Arne Naess
avant lui). Dans sa version guattarienne, une pensée
«écosophique» nous indique que la reconfiguration de la
production dans ses rapports à l'environnement et l'indispensable
remaniement des relations sociales et de la vie psychique qu'elle
implique ne sauraient se réaliser sans un travail d'analyse et
d'imagination touchant tous les domaines de la vie quotidienne
et de la création artistique.
Vingt-trois auteurs s'approprient ici cette notion pour en évaluer
l'intérêt à travers une grande diversité de thèmes (dont les rôles
familiaux, les risques industriels, les radiations nucléaires, la
décroissance) et en suivant divers régimes d'action, de pensée et
de création (militantisme, sculpture, peinture, architecture,
promenade, piano, interventions artistiques, slam, philosophie).