Les fabuleux progrès de la médecine contemporaine ont permis
de tenir la mort éloignée dans le temps, avec une espérance
de vie qui ne cesse d'augmenter, mais aussi dans l'espace.
En effet, la mort est aujourd'hui une affaire de professionnels. Il
revient aux médecins, paramédicaux, psychologues, exerçant au
domicile du patient, dans un centre hospitalier universitaire ou
encore en maison de retraite médicalisée, de prendre en charge
la finitude des vivants.
Mais alors que leur mission est de soigner, quels rapports les soignants
entretiennent-ils avec la mort ? Comment assument-ils
la part de violence de ces vies qui s'achèvent ? Comment le
médecin généraliste, l'infirmière en gériatrie peuvent-ils se préparer
au décès de leur patient ? Comment accepter ces morts
inéluctables dans les services de soins palliatifs ?
Face à la répétition des décès des personnes qu'ils tentaient de
guérir ou dont ils prenaient soin, les soignants doivent créer les
conditions pour ne pas souffrir des multiples deuils et, malgré
tout, bien travailler. Ils ont à reconstruire le sens de leur activité
selon les spécialités, les services ou encore la situation particulière
du patient.