Farachine est née en Turquie en même temps
que la guerre civile, dans la partie est, appelée encore
illégalement le Kurdistan. Pour des raisons politiques,
son père a dû fuir le pays et a choisi la France
pour y refaire sa vie. Farachine passe le début de son
adolescence en banlieue parisienne. Mais à quinze
ans, elle décide d'embrasser à son tour la cause
de son peuple et rejoint une des plus anciennes
guérillas actives de la planète : le PKK. Cependant,
derrière cette lutte nationaliste kurde apparaissent
d'autres combats. Combat de femmes contre une
tradition étouffante. Combat d'une jeunesse immigrée
en mal d'intégration dans une Europe toujours
plus frileuse. Combat d'un mouvement politique
contre un mode d'organisation économique et social
toujours plus libéral.
Olivier Touron a rencontré cette jeune rebelle du
PKK lors d'un reportage en 2004. Elle est alors devenue
pour lui l'allégorie des idéaux de son peuple,
du combat des femmes kurdes.