A la rentrée de septembre 2004, sur plus de 59 000 écoles, 4 500 postes de direction étaient vacants, soit 10 % de l'ensemble des maternelles et élémentaires. Pourquoi une telle désaffection pour le poste de Directeur ? L'Ecole a beaucoup changé ces dernières années et les tâches des Directeurs se sont considérablement multipliées, leurs responsabilités alourdies. Les Directeurs réclament avant tout du temps et un véritable statut qui prendrait en compte les nouvelles réalités de leur métier. Des revendications aujourd'hui noyées au sein d'un malaise profond du monde enseignant et malgré une grève administrative qui dure depuis plusieurs années maintenant, non seulement aucun changement ne se profile à l'horizon, mais au contraire, nous perdons dans les structures importantes, le peu de moyens déjà mis à notre disposition, appelés laconiquement par le Ministère " temps de décharge ". La situation devient ingérable dans toutes les Ecoles qui ont vu leur personnel doubler depuis quelques années. Les Directeurs en fonction oscillent entre révolte et découragement. Il est urgent de trouver des solutions satisfaisantes pour tout le monde, c'est-à-dire de repenser totalement le fonctionnement de l'Ecole ainsi que l'aménagement du temps de l'Enfant. A l'heure actuelle, les Directeurs sont les premiers à subir de plein fouet cette crise due à l'envahissement d'une bureaucratie et d'intervenants toujours plus nombreux. Souhaite-t-on rejoindre les Etats-Unis, qui dans ce domaine, connaissent les mêmes difficultés que nous puisque entre 1988 et 1998, 42 % des Directeurs d'écoles primaires ont abandonné leur fonction ?