Par son ancrage terrien, son capital économique et son rôle social,
le clergé a longtemps tenu un poste clef pour intervenir dans les
choses de la terre. De la Renaissance à la veille de 1914, vingt-cinq
historiens tentent ici d'évaluer le poids et les résultats concrets de l'investissement
humain, pédagogique et économique des Églises chrétiennes - catholique et
protestantes - dans le secteur agricole. Multiples, les champs d'observation
s'étendent du Levant espagnol à la montagne libanaise, du nord de l'Italie aux
confins de l'Angleterre, de la France au Québec.
Dans l'introduction de nouvelles techniques agraires, l'acclimatation de
nouvelles plantes, la fondation de comices ou de fermes-modèles etc., le clergé fut-il
un agent de diffusion actif ? A contrario, les grandes propriétés ecclésiastiques,
les biens de mainmorte, la perception de la dîme ont-ils été des freins au
dynamisme agricole ? À l'heure des Réformes et d'une certaine notabilisation
du clergé, puis à l'épreuve du XIXe siècle, quels liens le monde ecclésiastique
a-t-il gardés avec l'agriculture : agronomie de cabinet, implication concrète ou
éloignement progressif ? Du Ciel à la terre, la rencontre entre spécialistes du
monde rural et spécialistes du fait religieux livre un bilan nuancé.