Proposer de parler de mobilité,
c'est d'abord interroger les déplacements
dans l'espace, mais aussi les facilités
dont ils jouissent ou à l'inverse les freins
qui les entravent. Interroger la mobilité,
c'est aussi considérer les transformations
sociales qu'elle produit et les nouvelles
formes de socialisation qu'elle peut établir.
Quels territoires, localités, lieux,
les hommes dessinent dans leur
mouvement, quels sont les ressorts de
leur action et comment les hommes dans
leurs déplacements produisent du social.
Et c'est bien là le sujet de cet ouvrage
collectif dont les auteurs se sont emparés,
chacun à leur manière, pour nous donner
une lecture des pratiques de mobilité qui
s'écarte de l'opposition classique entre
ancrage et mobilité. Soutenues par des
travaux empiriques, les interrogations
théoriques qui animent les auteurs visent
à réfléchir à différentes échelles spatiales
et temporelles aux modalités
d'articulation des conditions matérielles
et sociales de la mobilité avec les projets
des hommes inscrits dans des rapports
sociaux : parenté, famille, voisinage, groupe
de pairs, réseaux professionnels, etc.
En nous livrant leurs analyses
des transformations sociales et spatiales
produites par la mobilité, les auteurs
ont accepté de faire dialoguer
«les mondes de la mobilité».