Expression irrationnelle des désirs et
des passions, la vengeance ouvre la
boîte de Pandore du cycle infini de la
violence réciproque. Bien sûr, il lui
arrive d'être vécue comme un plat qui,
gagnant à être mangé froid, nécessite
de dresser des plans et de bien
calculer son coup. Mais elle se vit
aussi comme un appel à une justice
supérieure, au moment où la Justice
se trouve comme prise en défaut à
l'égard de ses propres exigences
d'équité. Nos sociétés tendent parfois
à ériger le système judiciaire en
simple substitut de la posture
vindicatoire, alors que le citoyen voit
son désir de vengeance condamné
comme une réaction affective privée
prohibée.
Aussi, afin d'en éclairer toute la
complexité, historiens, philosophes,
sociologues, psychologues cliniciens
et psychanalystes, proposent ici une
série d'analyses sur l'acte qui consiste
à se «faire justice soi-même».
Ces analyses sont rassemblées dans
quatre parties thématiques,
successivement consacrées aux
récits et discours de la vengeance,
aux différentes formes du geste
vindicatoire, à l'éventuel «genre» de
la vengeance, et enfin aux différents
univers - psychique en particulier -
de l'action vengeresse. L'ambition du
présent ouvrage est de penser et
comprendre les vengeances d'hier
comme celles d'aujourd'hui.