Dans une société de longévité et de pluralité des formes de vie privée, cet ouvrage
met en évidence l'existence d'une forte activité de soutien entre parents. Elle est mise en
lien avec la diversité des moments et des situations du parcours de vie durant lesquels
chacun de nous est affaibli et dépend du recours à autrui.
L'ensemble des textes réunis mobilise deux questionnements dans une perspective
bi-disciplinaire : le droit et la sociologie. Le premier renvoie au fait que la production
juridique ne peut être uniquement envisagée comme la mise en place de règles
impératives. Le fait de mobiliser ou de différer le recours aux différents droits donne à
comprendre la complexité des logiques présentes entre acteurs, au sein et au-delà de la
parenté. Le second rend compte des processus qui président à la répartition du travail
d'accompagnement et de soutien. Il envisage les régulations entre l'individu lui-même, ses
différents parents et les acteurs de la citoyenneté sociale : la famille, l'État et le marché.
Les contours de ces imbrications, entre pratiques de l'entraide au sein des familles et
règles de la solidarité publique, sont identifiés dans les 16 textes qui composent les trois
parties de l'ouvrage. La première rend compte des contextes culturels et des politiques
nationales en direction des familles dans différents pays européens et en Amérique du
Nord. La deuxième privilégie l'analyse des échanges façonnés, voire requis par différents
droits, et interroge les mécanismes des solidarités publiques pensés comme subsidiaires
de l'entraide familiale. La troisième partie identifie les processus de responsabilisation au
sein des parentés et de production de soutiens «sous contraintes», particulièrement
lorsque la mobilisation de certains parents s'imbrique aux règles et aux modalités
d'intervention de professionnels légitimés par l'action publique.