Les Universités
dans la ville
XVIe-XVIIIe siècle
Envisager l'histoire de l'université à l'échelle de la ville est loin de constituer
une évidence. En effet, les savoirs, les hommes ou les grades de l'université
ne peuvent se laisser enfermer dans le cadre étroit d'une cité, comme en
atteste l'intense circulation des hommes, des livres ou des idées. L'ambition de cet
ouvrage est pourtant de réinscrire l'université de l'époque moderne dans son environnement
immédiat, de rompre avec l'image d'une institution « hors-sol ». Après tout, les
universités restent assimilées par leurs statuts aux autres métiers urbains, les rapports
avec le reste de la population sont quotidiens et l'enseignement ou la délivrance
des grades représentent une activité économique qui intéresse la ville entière.
Ces traits généraux, valables dès le Moyen Âge, connaissent entre Renaissance
et Lumières des transformations qui constituent l'objet de ce livre. Si l'université
paraît de plus en dominée par la ville, de Paris à Édimbourg, d'Helmstedt à Leyde,
de nouveaux usages animent les relations entre villes et universités. Professeurs et
étudiants participent à l'introduction de nouveaux savoirs ou de nouvelles pratiques
sociales. Ils ne manquent pas de d'intervenir dans les débats politiques qui agitent les
élites urbaines. La présence de l'université, partout défendue avec véhémence dans
le cadre d'une concurrence sévère, renforce le capital symbolique des villes. À partir
du choix central de l'échelle locale, l'ouvrage invite ainsi à revisiter les fonctions et la
place de restitution universitaire dans la ville à l'époque moderne.