Cet intellectuel humaniste aurait pu construire une brillante carrière
universitaire soutenue par une large production littéraire. Il change de
voie à trente-six ans et amorce alors une rapide ascension professionnelle :
inspecteur d'académie (1864), chargé de l'enseignement primaire du département
de la Seine (1866), dont il devient directeur (1870), avant d'être nommé
inspecteur général (1871), directeur de l'enseignement primaire au ministère
(1872), et enfin vice-recteur (1879). Bien introduit auprès des divers ministres
qui se succèdent, il s'impose comme une «éminence grise» au service de l'école
républicaine populaire.
Une idée essentielle d'Octave Gréard est d'avoir érigé Paris et la Seine en
laboratoire pédagogique. En 1868, il élabore sa Nouvelle organisation des écoles
primaires en trois cycles qui sera étendue à toute la France. Il fixe les programmes
d'enseignement, les emplois du temps et les méthodes de travail. Il prévoit un
recrutement élargi des futurs maîtres en créant deux écoles normales primaires
dans la capitale. L'école pour tous implique de sa part un effort sans précédent
de constructions scolaires pour garçons et filles. S'ajoutent à cette préoccupation
les salles d'asile, les écoles primaires supérieures, les écoles d'apprentis et les
cours d'adultes. Devenu recteur, tous ces chantiers ont des répercussions dans
l'ensemble de l'académie de Paris (9 départements).
À sa mort en 1904, le journal Le Siècle lui rend hommage : «Il fut mêlé à toute
l'oeuvre scolaire de la Troisième République et mérita d'être appelé par Jules
Ferry le premier instituteur de France.»