Cet essai tente de démontrer l'efficience de la Bourse de Paris au XIXe siècle. Il
comporte plusieurs intérêts. Tout d'abord, il établit la problématique que des
travaux de recherche ne doivent pas ou tout du moins ne peuvent pas
obligatoirement s'établir en fonction d'un contexte de développement de
marchés boursiers sur tels ou tels aspects, tant sur le plan théorique que
pratique. Ensuite, il montre la possibilité d'utiliser une base de données
jusqu'alors inexploitées, construite à partir de documents d'archives de la Cote
officielle des Agents de Change de la Bourse de Paris au XIXe siècle. Enfin, il
permet d'établir un lien étroit entre la Finance et l'Histoire.
Les marchés à terme et à prime de la Bourse de Paris du XIXe siècle font l'objet
d'une application des tests d'efficience. Pour les premiers, la méthodologie de
la cointégration est utilisée et on met en évidence le fait que le futur représente
un prédicteur sans biais du comptant. Pour les deuxièmes, les modèles
théoriques utilisés (comme celui de Black et Scholes) démontrent une
importante efficience des marchés.
En définitive, les marchés à terme et à prime de la Bourse de Paris au XIXe
siècle apparaissent efficients, bien qu'ils comportent un niveau de
développement technologique extrêmement faible, au sens où nous
l'entendons aujourd'hui.