Dès le début des années 1950 et pendant deux décennies, l'Internationale
socialiste fut perçue comme la championne de la cause du nouvel État juif.
Néanmoins, dès la guerre de 1973, ce parti pris pro-israélien fut abandonné.
L'ouvrage examine ce supposé âge d'or des relations entre le socialisme
international et l'Etat hébreu en vue d'exposer les causes qui déterminèrent
cette politique, de repérer des fluctuations qu'elle a subit et de dégager, dès cette
époque, les racines du revirement ultérieur. Afin de mieux comprendre ce
comportement dans une perspective historique, l'auteur analyse également
l'attitude changeante des précédentes organisations socialistes transnationales
vis-à-vis du projet sioniste en Palestine et leurs relations mouvementées avec le
parti travailliste sioniste. En effet, dès la fin du XIXe siècle le socialisme
international se confrontait aux multiples aspects de la question juive en
Europe et à la diversité du mouvement ouvrier juif en adoptant des orientations
divergentes. À partir d'archives, mémoires, et entretiens, l'auteur parcourt ainsi
presque un siècle des rapports irréguliers du mouvement socialiste avec une
certaine idée du nationalisme juif. Il établit les différents facteurs intervenant
dans la prise de décisions au sein du socialisme international et s'interroge sur
l'interpénétration des dimensions idéologique et politique d'une organisation
qui se donne pour objectif de produire des effets de solidarité au nom d'une
éthique du socialisme démocratique et sur ses limites.