Peintre et décorateur de théâtre, figure centrale du Salon de la Jeune Peinture dans
les années 60, critique impitoyable de ses contemporains et de son époque, Gilles
Aillaud associe également son nom aux spectacles de Klaus Michael Gruber et de
Jean Jourdheuil en Allemagne et en France.
Dès le milieu des années 60, il représente sur ses toiles des animaux enfermés
dans des cages, des enclos, des verrières ou derrière des grilles.
«À l'intérieur de chacune de ces représentations, une mécanique d'auto-destruction
- ou d'autodérision - opère avec une inflexible obstination.
Ces animaux renvoient à l'idée de la nature première, vierge, sauvage.
Les lieux où ils se trouvent imposent la présence d'un dispositif
humain qui, tout en procurant aux bêtes un relatif confort,
rend manifeste qu'ils sont en exil dans des espaces confinés
qui ne ressemblent que très imparfaitement à ceux dans
lesquels elles auraient dû vivre. [...]
Un peintre qui montre des animaux qui furent
sauvages dans leurs cages ne montrerait-il pas par
cette métaphore des artistes qui devraient être
furieux dans leurs espaces clos ? Fausse
sauvagerie, fausse colère.»
Philippe Dagen, conseiller scientifique
de l'exposition.
Cette rétrospective est la première
exposition consacrée à l'artiste
depuis sa disparition en 2005.
Elle présente une trentaine
de tableaux, dont certains,
inédits, proviennent de
collections privées italiennes,
et de nombreux dessins.
Sous la direction
de Philippe Dagen,
le catalogue rassemble
aussi des témoignages
de Pierre Buraglio,
de Luc Bondy, de Netta
Vespignani, et des
textes de Gilles Aillaud.