Ce vendredi 10 mai 1940, la guerre s accélère, l Allemagne envahit la Hollande et la Belgique, l armée française se doit de lui barrer la route. Une grande offensive s engage. Mon père, jeune sergent de vingt-sept ans, alors basé dans le Nord avec son service sanitaire, part sur le champ des opérations. Il sait que la France joue ici une page de son histoire. Lui, le soldat sans arme, observateur scrupuleux d un monde en folie, continue de noter avec précision sur son inséparable petite carnet, sous le feu des bombes, la pérégrination de sa formation jusqu à son point terminus : Dunkerque. Il est fait prisonnier, commence alors une longue marche jusqu en Allemagne... J ai retrouvé ce cahier de mon père, cahier inachevé, recopié à partir de ses carnets de guerre. Il y décrit avec une émotion intacte la férocité des combats, la force du devoir, la douceur de l amitié mais aussi la promesse de l espérance.