« Chercher à comprendre ce qui se construit sur ces quartiers et pourquoi notre regard s'est retourné. Mille fois, les mêmes questions se sont posées, une seule chose semble certaine, la sensation rassurante de l'image de la cité ressentie au début de la visite s'est ternie au fil des heures et a laissé place à un malaise indéfinissable. » En cette première moitié du XXIe siècle, le logement social fait toujours polémique. Au- delà de tout clivage politique, il nous rassemble dans une grande crainte collective et cristallise les tensions à l'égard des plus précaires. Alors même que l'objectif de construire des logements décents pour tous est louable, force est de constater que rien ne s'est passé comme prévu. À côté de quoi sommes-nous passés ? Démolir les bâtiments n'a apporté qu'une réponse insuffisante à la crise des banlieues. Plutôt que de casser l'image de ce qui nous effraie, ayons plutôt le courage d'affronter les situations dans leur nudité. Cet essai permet de comprendre ces lieux qui ne sont pas ordinaires, car ce ne sont pas des causes uniques mais plutôt des faits multiples qui teintent les quartiers de cette connotation négative si particulière. Leur identification et leur traitement - sans concession sur les valeurs républicaines - sont la seule manière d'en faire émerger la richesse et le potentiel. Ils sont un atout pour la société française et la pierre angulaire de la construction du vivre ensemble. Possédant un DSTS, Jacqueline Lançon a effectué son parcours dans le travail social. Après avoir été déléguée à la tutelle à Nice, elle a dirigé les politiques sociales et de santé de la ville d'Évry, de 2002 à 2012. Ingénieur, Georges Lançon a fait toute sa carrière dans le logement et l'habitat. Interpellé par les violences urbaines, il étudie dès les années 80 les quartiers difficiles pour essayer de les comprendre.