Une certaine confusion a toujours régné quant à
l'identité de celle que l'on appelle Marie-Madeleine.
Dans les récits évangéliques, on la perçoit avant tout
comme le témoin majeur de la Résurrection. On l'appelle
Marie de Magdala, elle est issue de Galilée et on
la dit convertie à Jésus après qu'elle a été possédée de
sept démons. Cependant cette «pécheresse» qu'on ne
sait trop où caser exactement, apparait aussi à Béthanie
dans la maison de Simon où Jésus vient souvent prendre
ses repas, en compagnie de sa soeur Marthe et de
son ami Lazare qu'il «aimait» tout autant que celui
qu'on appelle Jean.
Pour permettre d'y voir plus clair, le pape Grégoire
le Grand, au VIe siècle, décida de confondre les trois
Marie en une seule.
Marie-Madeleine héritera ainsi des traits provenant
de ces trois figures féminines. Par la suite, ce schéma
unique éclata et on représenta cette sainte femme
tantôt sous l'aspect d'une noble et riche personne de
Béthanie (comme dans le tableau de van der Weyden),
tantôt comme une aimante passionnée du Christ,
tantôt, enfin, comme une pénitente réfugiée dans la
solitude d'un désert, comme dans les oeuvres du Titien
ou de Téniers, par exemple. Selon l'époque, l'iconographie
des saints insiste sur tel ou tel de ces aspects.
Par le titre de son récit, Marina de Wolanski a indiscutablement
voulu marquer le caractère indécis du
personnage biblique. Sa Marie de Béthanie appartient
certes à la modernité par sa liberté d'allure mais, en
outre, elle reçoit de son modèle antique à la fois sa
noblesse et sa pudeur.