Un «loser» magnifique, un aventurier aux mains tachées de
sang, un Zorro qui s'est trompé d'époque... Les critiques
malveillantes sur Che Guevara sont multiples mais n'empêchent
pas sa légende de prospérer près d'un demi-siècle après sa mort
tragique en Christ rouge.
Il chevauchait Marx et Lénine alors que Bill Gates allait bientôt
annoncer une autre «révolution dans la révolution», un
bouleversement planétaire : la mondialisation de l'information et
des moyens de communication, un pouvoir plus subtil que celui
qui se trouve au bout d'un fusil.
Alors pourquoi le mythe du Che perdure-t-il ? Pourquoi la
trajectoire de cet homme «antipathique mais admirable» reste-t-elle
inscrite dans les consciences de tous ceux qui veulent
changer le monde, changer la vie ? Peut-être parce que son nom
est justement devenu synonyme de changement et que lorsque l'on
pense révolution, on pense toujours au Che.
Il a su réconcilier, sans le savoir, sans le vouloir. Marx et Rimbaud,
faire de son épopée une alchimie qui irradie jusqu'à ses détracteurs
grâce à sa morale trempée dans l'acier. Voilà pourquoi j'ai voulu
une fois encore, à travers cet ouvrage, exhumer sa mémoire.