Ce récit met en perspective trois tranches de vie, il n a ni unité de lieu ni unité de temps, il est une unité généalogique. Il donne la parole à un poilu le grand-père de l auteur resté jusqu à sa mort en 1956 totalement silencieux sur sa participation à l assaut du Chemin des Dames et sur le traumatisme qui avait marqué sa conscience et son visage. Ce n est donc pas le résultat d un devoir de mémoire mais une sorte de libération d une parole enfouie, témoignage d une réalité qui allait disparaître. Pour rencontrer ce grand-père et devenir son messager, un maillon était indispensable à l auteur, son père alors en fin de vie, mais aussi les lieux, pour voir, sentir, enfiler l uniforme bleu- horizon. Le voyage à Reims est le récit de cette démarche, la rencontre de trois générations, une histoire de trois hommes réunis au pied des creutes du Chemin des Dames.