« Est-il plus beau mouvement / De l humanité / Que d aimer et d être aimé » Au bon gré des haïkus et des tankas petits bonsaïs de son Jardin Secret , le poète se laisse aspirer par ce mouvement de jeu perpétuel avec l être aimé. D allure plutôt gaie, quelquefois un peu plus grave, chaque poème transcrit une impression forte, reliant entre elles les composantes conscientes et inconscientes d une sensibilité à fleur de peau, qui réagit comme une pellicule et révèle au-delà de l instant palpable toute une histoire, bien en images, avec beaucoup d évocations... Une manière transcendante pour l esprit d assumer, ici et maintenant, son rapport fusionnel avec le temps et son désir d en réchapper. Le poète déploie toute son énergie d amour à traduire ses émotions au jeu des mots. Marqué par les propos du peintre Zao Wou-Ki, il les reprend à son propre compte : « Je veux peindre ce qui n est pas là, comme si c était là. » Et il y ajoute sa propre ponctuation : « Jusqu à ce que ce soit là ! »... Cet instant fugace où l espace rejoint le temps, où se reproduit cette fulgurance de l éternité qu est le bonheur. Recherchant la vérité au-delà des apparences, incarcéré dans cette prison de vers où il l attend, il espère en celle dont le souffle de vie le fascine et qui si souvent, avec sa flûte, l invite en pensée à la suivre par les chemins traversiers, jusque devant sa hutte, tout simplement, pour lui en remettre la clef.