Le feu qui crépitait dans l âtre rougeoyant habillait d une douce chaleur l ombreuse lueur de la pièce. Ses flammes jaune d or éclairaient son visage d une antique sagesse. Rien ne pouvait égaler sa splendeur. Nous parlions de choses et d autres. Elle me posa de nombreuses questions sur la Bosnie, ma vie, là-bas, avant, avant la guerre, la dévastation des choses, la disparition des êtres, mon arrivée en France, les épreuves traversées, ma vie, ici, depuis. À l évocation de ces blessures encore à vif, un vague à l'âme vibra jusqu'au tréfonds de mon être. Mes yeux s étaient embrumés. Elle l avait remarqué. Son regret sincère de m avoir obligé se lisait sur sa physionomie. Nous parlâmes littérature brisant ainsi l infini silence qui s était installé. Elle aimait les livres, les écrivains... Et je me souviens, à un moment donné, lui avoir demandé ce qui, en moi, lui plaisait. Je me rends compte que j étais parfois très audacieux. Ses joues s étaient empourprées. Elle semblait gênée. Elle ne m avait pas répondu mais avait esquissé un sourire délicat. Un sourire merveilleux, sucré de poésie.