« PROFITEZ-EN, AIMEZ-VOUS, ET VOGUE LE NAVIRE ! QUAND IL Y A UN BON MOMENT, PRENEZ-LE. C'EST COMME ÇA QUE J'AI VÉCU ET PERSONNE NE ME LE PRENDRA » « Dans le Beaujolais, dans cette région de France où j ai passé mon enfance et mon adolescence, puis où nous avons vécu ensemble de folles années, je reviens, je déambule, cherchant la force de résister à l'usure, au désespoir, de ne pas m'emmurer dans le silence. Mais sans toi, Chris, je n y rencontre plus que tristesse. Tous nos souvenirs rejaillissent, me giflent, me serrent le coeur, m étripent, et seul au volant de ma voiture, ma vision se brouille, des larmes montent m obligeant à m arrêter sur le bas-côté de la route qui ne mène plus nulle part. Ici, nous marchions main dans la main, là-bas, nous allions à vélo en riant, ou roulions à moto comme des fous, inconscients du danger. Par une belle journée de mai, nous avions ramassé une brassée de muguet, et dans ce sous-bois, nous avions fait l amour sur un lit de mousse. Je fuis parce que tous ces souvenirs me sont devenus insupportables. Je n ai plus de force, je suis vidé. Anéanti... » « L actuel épisode de nos vies s apparente aux troublants mirages qui nous apparaissaient dans le désert sur la route transsaharienne, en Algérie. Au loin, au bout du ruban de goudron sur lequel nous avancions, se dessinait une longue et superbe oasis, mais à notre approche, la fabuleuse vision s évaporait lentement, nous ramenant peu à peu à une vulgaire réalité... »