429 occupations humaines, 171 sites d'habitat, 20 nécropoles... À la mesure des 300 km
du tracé de Paris à Strasbourg, les découvertes archéologiques de la Ligne à Grande
Vitesse Est européenne ont mobilisé 295 archéologues. De 2000 à 2005, 50 000 jours
de travail ont été nécessaires pour étudier 3 000 hectares sur 101 communes.
C'est un territoire dans son entier, à travers l'espace et le temps, qui a été appréhendé.
Des vestiges de la Première Guerre mondiale aux premières occupations par l'homme
de Néandertal (vers - 80 000 ans), toutes les époques ont été abordées :
Paléolithique, Mésolithique, Néolithique, âges du Bronze et du Fer, époque gallo-romaine,
Antiquité tardive, Moyen Âge, époques moderne et contemporaine.
Chaque terroir est envisagé dans une «géographie du tracé» qui éclaire la manière dont
l'homme a progressivement façonné le paysage : bassins de la Marne, de la Semoigne et de
l'Ardre, de la Vesle, de l'Aire et de l'Aisne, de la Meuse, de la Moselle, de la Nied et de la Sarre.
L'archéologie préventive permet aujourd'hui de connaître les ressources, les cultures
et les techniques que l'homme a progressivement développées : agriculture,
voirie, organisation du territoire ; usages de la pierre, de l'os, de la terre, du métal,
du textile ; «invention» de l'élevage, des cultures vivrières...
Enfin, l'«archéologie de la mort» permet d'approcher les pratiques funéraires
et le rapport des vivants à l'au-delà, mais aussi leur état sanitaire.
Publié à l'occasion de l'exposition «Cent mille ans sous les rails», cet ouvrage propose
une première synthèse de ces recherches. Il associe les contributions de 54 experts
de l'Université, du CNRS, des services régionaux de l'archéologie, de l'Institut national
de recherches archéologiques préventives.