Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), né à Grasse, y séjourne assez
peu mais lui demeurera toujours attaché. En 1790, il revient s'installer
avec sa famille chez son cousin Alexandre Maubert, apportant dans ses
bagages les panneaux des Progrès de l'amour dans le coeur d'une jeune fille,
commandés puis refusés par Madame du Barry.
L'époque est difficile pour Fragonard. Le peintre de la volupté et
du désir du Verrou, de La Chemise enlevée, a perdu sa clientèle aisée.
Très affecté aussi par la mort récente de sa fille aînée, il trouve dans
sa ville un refuge naturel.
L'hôtel particulier de son cousin, dont il décore le salon en un
ensemble unique de décor mural, est devenu aujourd'hui le musée
J.-H. Fragonard où sont conservés entre autres la palette du peintre,
des pièces aussi importantes que Le Serment d'amour et un trésor de
gravures, parmi lesquelles la délicieuse série des contes libertins
de La Fontaine.