Le thème de la Vierge et l'Enfant en relief connaît à Florence avec
Donatello, dont les oeuvres dominent le paysage artistique toscan
et même italien de la première moitié du Quattrocento, une de ses
floraisons les plus brillantes.
Les deux sculptures en terre cuite conservées au Louvre permettent
de suivre l'évolution des recherches artistiques de Donatello,
tant dans le domaine de la mise en espace des personnages que
dans la détermination d'une nouvelle densité plastique accordée
aux figures. Elles sont traitées avec des matériaux variés qui soulignent
l'intérêt de Donatello pour l'expérimentation de techniques
complexes : polychromies somptueuses, usage de cires colorées
et de verre. Ces reliefs sont comparés à des pièces similaires
de l'artiste ou à des oeuvres de ses contemporains (sculpteurs ou
peintres) et sont resitués dans le contexte de la création et de la
culture florentine des années 1430-1450.
L'importance et la diversité de ces reliefs en marbre, en terre cuite
ou en stuc démontrent l'existence d'un goût continu à Florence
pour ce genre d'oeuvres, que les générations futures continueront
d'aimer et de vénérer. À Padoue, Andrea Mantegna emprunte à
Donatello cette intensité expressive et cette sévérité dans le rendu
des formes qui sont largement redevables à celui dont Vasari
disait qu'il avait «rendu à la sculpture sa perfection et son pouvoir
d'émerveillement».