La civilisation mochica (Ier-VIIIe siècle), dont témoignent les grands
sites cérémoniels et funéraires de la côte nord du Pérou, se place,
au même titre que l'Empire inca, au rang des plus grandes cultures
indigènes des Andes.
Ses productions céramiques, d'une virtuosité technique et d'un
réalisme surprenants, forment une imagerie sexuelle et sacrificielle
unique dans l'art précolombien. Cette iconographie, à caractère rituel
et funéraire, illustre, entre autres choses, le passage des seigneurs
mochicas du monde des vivants au monde des morts puis à celui des
ancêtres mythiques divinisés, garants de la vitalité du monde.
Les scènes sexuelles dépeintes par la céramique sont des métaphores
pour exprimer autant les rapports entre les vivants, les morts et les
dieux que les processus de régénération de la nature.