Le sport a de tout temps revendiqué, à moins qu'on ne les lui ait prêtées, des qualités physiques et morales. Nombre de valeurs véhiculées sont probablement inhérentes à la pratique sportive, mais certaines sont construites, notamment par les règles, qui encadrent ou entravent les évolutions des corps - le vecteur premier où s'inscrit l'identité de chacun -, mais probablement aussi par la manière dont on les représente. Comment les peint-on, les sculpte-t-on, les photographie-t-on, les dessine-t-on, les filme-t-on... ? Comment les exerce-t-on, ou plutôt même, comment les danse-t-on ? Comment en parle-t-on, enfin, ou plutôt même encore, les chantons-nous ?
On s'intéresse ici à la dialectique entre le sport et l'art, au sens de « sport(s) dans les arts », où « arts » est à prendre dans son acception la plus large - qu'est-ce que ces formes artistiques nous disent du sport et que veulent-elles nous en dire ; qu'est-ce qui est « réalité », qu'est-ce qui est « construction », qu'est-ce qui est « médiation » ? - mais aussi au sens de « sport(s) en tant qu'art » : art de la guerre ou art martial certes, mais d'abord et avant tout au sens de forme d'expression corporelle, car tout sport est construction artistique, en rapport dialectique avec ses représentations.
Les quarante-trois contributions proposées dans cet ouvrage ont été rédigées par des spécialistes de l'histoire du sport ou de l'art, de treize pays différents d'Europe et d'Amérique. Ils et elles sont chercheurs ou enseignants-chercheurs en histoire, histoire de l'art ou littérature à l'université, ou encore conservateurs de musée.