Procédé précurseur de la photographie moderne, le calotype, mis au point en 1841
par William Henry Fox Talbot, permet d'obtenir plusieurs images positives à partir
d'un seul négatif, réalisé sur papier. Cette technique requiert une intervention directe
de l'auteur dans les différentes phases de préparation et un contrôle constant dans
le processus de fabrication qui, loin de conférer aux images un caractère mécanique,
leur donnent un aspect presque magique.
Par la marge d'interprétation qu'il autorise, par le jeu de l'opacité et de la
transparence des papiers, souvent cirés ou huilés, le calotype offre un rendu aérien,
quasi pictural - à même, selon les textes de l'époque, de restituer «la rugosité,
les aspérités et l'immense variété des tons de la nature».
Dans l'Italie du milieu du XIXe siècle, pays du Grand Tour ouvert aux échanges et
aux expérimentations, artistes et photographes adaptent à la lumière si particulière
de ces régions les techniques du négatif sur papier et fondent ainsi un courant
esthétique spécifique.
À l'heure du tout numérique, cet «éloge du négatif» propose un regard quasi
archéologique et des repères indispensables pour comprendre ces incunables du début
de la photographie en Italie.