Quatrième de couverture
Les arts médiatiques ont surgi dans un contexte de prolifération et de remises en question, tant sur la scène artistique que dans la sphère plus vaste de l'activité culturelle. Ils ont progressivement introduit de nouveaux matériaux, d'autres démarches, des routines différentes. Et si les arts médiatiques ont reconduit ou prolongé diverses pratiques héritées de la modernité, on peut penser qu'à bien des égards ces pratiques annoncent des réaménagements profonds de la sensibilité, du design corporel et des relations humaines et environnementales. Une rupture de l'aesthesis accompagne la rupture épistémologique qui secoue actuellement le savoir et tous les secteurs de l'information.
De quoi l'esthétique des arts médiatiques est-elle faite ? C'est ce qu'ont cherché à décrire les auteurs de cet ouvrage en développant certaines caractéristiques des pratiques artistiques électroniques et numériques. Il est étonnant de constater le nombre de recoupements et de correspondances entre ces formes d'art, ce qu'aucun autre médium n'avait permis auparavant, et qui autorise à opérer des transferts, des conversions et des contrôles d'un secteur à un autre. Mais ces échanges n'offrent pas qu'un intérêt commode pour la production artistique. Ils ouvrent plus fondamentalement sur une réelle synesthésie et, éventuellement, sur un remodelage du corps et de l'humain.