Nous ne pouvons nous dire libres sans avoir d'abord perdu nos illusions sur la liberté. Pour cela, nous devons reconnaître les nombreux mirages qui s'offrent à notre naïveté, notamment le rêve américain et sa grandeur olympique, la religion et ses manipulations, la science et ses promesses, la machine et son mythe messianique. Aucun ne libère : ce sont tous des saigneurs, et non des sauveurs. Pour devenir libre, il faut accepter d'être en croissance et d'apprendre. Et cela se fait à petits pas. Dans un premier pas, on se croit tout permis, et pour le prouver, on est prêt à renverser l'ordre établi et tout ce qu'on déteste. Dans un deuxième pas, une fois la poussière retombée, on s'aperçoit qu'il y a des contraintes inévitables dans l'Univers comme dans la société. Finalement, dans un troisième pas, on découvre que les contraintes les plus grandes sont à l'intérieur de nous ; ce sont nos croyances, nos préjugés, nos peurs et notre méconnaissance de nous-mêmes. Après cette reconnaissance décapante, on se sent capable de danser avec la vie telle qu'elle est réellement, et non pas comme on fa rêvée. Les contraintes ont changé de couleur : au lieu d'être des obstacles, elles sont devenues ce par quoi on se dépasse, on se réalise et on crée audacieusement son œuvre. On peut ainsi enfin être libre comme... l'âme.