La mémoire constitue une clef majeure de la pensée et de la sagesse d'Albert Camus. Son œuvre philosophique et littéraire est indissociable d'un constant retour aux origines. L'absurde et la révolte exigent la fidélité à ce qui les a fait naître.
Pour Camus, Nietzsche est le frère en absurde, mais qui se fourvoie dans le rêve d'une surhumanité. Aron lui semble trop libéral, Merleau-Ponty trop compréhensif à l'égard des communistes : Camus en appelle à une troisième voie, qui ferait cohabiter la justice sociale et la liberté, et qui ne réduirait pas l'unité à la totalité. Il partage avec Popper le refus des promesses démesurées de l'utopisme. Mais c'est Arendt qui lui est la plus proche. Ce livre montre combien se rejoignent leur expérience de la résistance - qu'éclaire ici leur rapport à l'œuvre de Char - et leur conception de la temporalité de la politique.