Ouvrage atypique, l'Histoire de la peinture en Italie fut
écrite et publiée en 1816 par Stendhal pour oublier
ses soucis matériels, ses déceptions morales et politiques,
mais resta inachevée. Elle méritait toutefois de
revoir le jour accompagnée des reproductions des
oeuvres dont il fait la description, l'éloge ou qu'il
rejette.
Parmi les oeuvres évoquées par Stendhal on retrouvera
celles faisant partie du "Musée Napoléon", que
l'auteur (Henri Beyle) connaissait tout particulièrement
pour avoir été chargé des oeuvres réquisitionnées
par l'empereur, dont nombre de chefs-d'oeuvre
de la peinture italienne.
Cette Histoire de la peinture en Italie n'est pas une histoire
méthodique de l'art italien ; elle est davantage un
ouvrage où se mêlent des souvenirs personnels, à la fois
politiques et moraux, et des considérations artistiques.
En revanche, les oeuvres commentées par Stendhal
constituent une véritable galerie de peinture que
l'auteur dresse pour le plaisir de toute "âme sensible".
Cet essai reflète autant le magnétisme puissant que
l'art italien exerce encore sur ses contemporains que
ses propres choix esthétiques. Stendhal se révèle ici
un guide hors du commun, hostile à l'érudition, mais
très sensible à l'image, et, dans ses descriptions où
perce un sens historique aigu, Michel Ange trouve une
place singulière. L'auteur l'affectionne autant pour ses
qualités d'artiste que pour sa position morale, nous
brossant le portrait d'un vrai héros romantique. Il
accorde également sa reconnaissance à des artistes
comme Guido Reni, le Corrège, et surtout à Léonard,
"maître du genre noir et majestueux".
En conclusion, cet ouvrage se révèle par bien des
aspects audacieux et sa liberté de conception est
encore tout empreinte des rêves d'un monde nouveau
que l'auteur a partagés un moment avec Napoléon.
Même si Stendhal n'est pas un critique d'art professionnel,
force nous est de reconnaître que la plume
hardie de l'écrivain a su traduire de façon bien souvent
admirable les émotions de tout amateur éclairé.