La vénerie demeura des siècles durant l'une des activités favorites du roi et des princes du
sang. Chantilly vécut ainsi au rythme des chasses de ses illustres propriétaires comme le
prouve la richesse des témoignages recueillis en ces lieux depuis la fin de la disgrâce du Grand
Condé en 1659 jusqu'à la mort du duc de Chartres en 1910.
D'imposants moyens furent consentis à l'exercice du noble déduit qui, lorsque des hôtes
illustres honoraient Chantilly de leur présence, donnait lieu au déploiement d'un faste
sans égal. Un vaste territoire réservé aux laisser-courre princiers constitue la plus évidente
illustration de cette passion cynégétique qui s'exprime également par le raffinement de la
production artistique qu'elle a su inspirer dans l'architecture comme dans le décor de la
demeure. Admirable collectionneur, le duc d'Aumale (1822-1897), fils du roi Louis-Philippe,
inscrivit la vénerie au coeur de la reconstruction du Grand Château, prolongeant ainsi
l'héritage de ses illustres prédécesseurs, les princes de Condé.
Sous l'égide de l'Institut de France et de la Fondation Lefort-Beaumont, cet ouvrage
est édité à l'occasion de l'exposition Chasse à courre, chasse de cour. Fastes de la vénerie
princière à Chantilly au temps des Condés et des Orléans qui se tient pendant l'été 2004
au musée Condé de Chantilly et au musée de la Vénerie de Senlis, avec pour site annexe
le musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Il réunit les textes des meilleurs connaisseurs
tant en matière cynégétique qu'artistique, et s'accompagne d'un catalogue de plus de
deux cents oeuvres appartenant aux musées organisateurs ainsi qu'à des collections
publiques et privées.