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L'école est finie !

Jean-Pierre Dopagne
  • 28/11/2014
  • Lansman éditeur
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Couverture de L'école est finie ! par Jean-Pierre Dopagne

Résumé

Quand on a bouffé des boîtes et des surgelés pendant des années et que tout d'un coup on goûte une vraie tomate ou une vraie soupe au potiron, on se dit Quelle merde ! J'avais perdu le goût. J'étais devenue incapable de lire une phrase de plus de deux lignes : à l'école, ils m'avaient accoutumée à Lorv Dickson ! « Lory est assis dans la salle d'attente. Point. Il en a marre d'attendre. Point. Il voudrait que le médecin l'appelle mais personne ne l'appelle. Point. Il se lève, virgule, fait quelques pas et s'arrête devant la fenêtre. Point. Il regarde dehors. Point. Il voit le soleil qui darde ses rayons sur la rue encombrée de voitures. » Je cite de mémoire, mais je n'invente pas, je vous le jure.

Alors, cet été-là, sans transition : « Jean Valjean s'avoua qu'il avait commis une action extrême et blâmable ; qu'on ne lui eût peut-être pas refusé ce pain s'il l'avait demandé ; que ce n'est pas tout à fait une raison sans réplique de dire : peut-on attendre quand on a faim ? que d'abord il est très rare qu'on meure littéralement de faim ; ensuite que, malheureusement ou heureusement, l'homme est ainsi fait qu'il peut souffrir longtemps et beaucoup ; qu'il fallait donc de la patience ; que c'était un acte de folie, à lui, malheureux homme chétif, de prendre violemment au collet la société tout entière - etc., etc., etc. - ; enfin qu'il avait eu tort. »

Dix-huit lignes ! Dix-huit lignes en tout petits caractères. Immangeable. Immangeable, Victor Hugo. Un goût trop fort, qui vous reste en bouche comme de la roquette ou du céleri rave. Il n'aurait pas pu alléger ses phrases. Victor Hugo ?

Comment évoluer à l'école quand un dix sur vingt représente un « Très bien » ?

De la maternelle avec ses rayons de couleurs et ses chansons, à l'université en passant par la désillusion de l'école primaire, Caroline, vingt-deux ans, future professeure, se raconte.

A quatorze ans, elle préfère le David Copperfield de Charles Dickens aux héros édulcorés, prêts-à-consommer des livres pour adolescents. Sans crier gare, la passion des mots s'empare d'elle : le charme du subjonctif imparfait, la beauté d'une tournure, la précision de la grammaire l'émerveillent.

Quelques années plus tard, elle, l'élève considérée comme médiocre, entame avec audace des études universitaires littéraires. Entre les subtilités du latin et les tout-puissants pédagogues, elle revient sur le parcours des professeurs qu'on (con forme. Elle partage ses déceptions et son rêve d'une Ecole avec un grand E.

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