L'«hypothèse Aubry» : on en parlait déjà en 1994. Aujourd'hui,
la première secrétaire du parti socialiste est entrée dans le
cercle fermé des présidentiables. Doit-on la croire quand elle
prétend que l'Élysée ne l'obsède pas ?
Entrée en politique il y a une trentaine d'années, l'ancienne
ministre du Travail déconcerte. On l'a vue ferrailler avec la
droite à l'Assemblée et pleurer devant les caméras, un soir de
défaite dans le Nord. Bourreau de travail, elle peut tout lâcher
pour visiter une exposition. Dure avec ses collaborateurs,
prodigue en noms d'oiseaux pour ses camarades, elle sait
se montrer aussi généreuse qu'exigeante, aussi drôle que
vacharde, aussi directe que secrète.
Bien campée à la tête du parti, forte de son implantation
lilloise, plus attentive que naguère à son image, Martine Aubry
multiplie les rencontres en secret avec Dominique Strauss-Kahn
mais doit faire face aux calculs de Ségolène Royal. Ses
proches lui dégagent la voie. Mais ses relations rugueuses
avec les médias, son peu de goût pour les projecteurs, ses
atermoiements et ses coups de tête ne joueront-ils pas contre
elle ?
Pour débusquer Martine derrière Aubry, Marion Mourgue et
Rosalie Lucas ont enquêté pendant un an et rencontré des
témoins à Paris et à Lille, au PS et parmi ses intimes. Elles
décrivent une personnalité double, sujette aux colères comme
aux chagrins. Mais une femme prête, selon ses proches, à en
découdre avec Nicolas Sarkozy.