A l'heure de la mondialisation et de l'information planétaire, les «damnés
de la terre» ne veulent plus demeurer des laissés-pour-compte. Ils se
pressent et s'empressent de rejoindre l'Europe, nouvelle «terre promise».
L'histoire de l'humanité a été de tout temps une histoire de migrations. La
génétique, l'anthropologie, les textes sacrés... le confirment amplement.
Hier encore, les Wisigoths, les Vandales, les Mongols, etc., déferlaient par
vagues sur l'Europe. Aujourd'hui, des étrangers de toute part affluent en
Europe. Faut-il s'en étonner, alors que la misère gagne et que des pays, en
particulier d'Afrique, sont à la dérive ? Faut-il avoir peur de ces nouveaux
«barbares» qui frappent à nos portes, alors que l'Europe a été un métissage
ininterrompu de peuples et de cultures ?
Tout en dressant le bilan de la politique européenne d'immigration, ce
livre s'interroge sur la pertinence d'une telle politique commune, essentiellement
sécuritaire, opérant par déplacement des frontières et transfèrement
d'une partie des charges aux États tiers d'origine ou de transit des immigrés.
On pourra certes continuer d'ériger des barrières aux frontières, de réprimer
l'aide à l'immigration «clandestine» ou d'organiser des «charters de
retour», tout ceci paraît d'une efficacité limitée, face à un exode, nourri par
la sécheresse, la misère, les dictatures et les guerres qui en découlent.
Les digues mises en place résisteront-elles à ce déferlement humain ?
Peut-on demander l'aide des dirigeants des États pour contenir ces «marées
humaines» ? Ceux-là mêmes qui ont intérêt à encourager leur population à
partir, notamment la partie la plus instruite et la plus contestataire, afin de
sauvegarder et consolider leur pouvoir. Car l'émigration sert aussi les pouvoirs
en place. Existe-t-il une politique idoine ? Au lecteur de cet ouvrage
de se forger sa propre opinion. Le présent ouvrage est l'aboutissement d'un
colloque organisé à l'Université François Rabelais de Tours en 2008.