Révélée par le prix Découverte, en
1998, avec son recueil «Volte-face»
paru à La Barbacane, Jocelyne Marazzano
a publié trois autres ouvrages de
qualité comparable, aux titres évocateurs.
Qu'elle entre dans son «Jeu de miroir»,
qu'elle fasse «Le plein de (ses) vides»
ou dévisage «Les mots dans les yeux»,
elle aligne ses versets lapidaires avec
bonheur et atteint d'emblée à une belle maturité poétique.
Avec ce cinquième recueil, elle aborde une démarche d'ordre
métaphysique qu'elle dédie à celui qu'elle appelle son maître en
la matière : le peintre-poète Charles Minetti, lequel ouvre «D'un
rien, tout embrasser» par un flatteur et marmoréen portrait de
son disciple préféré.
La voix de Jocelyne Marazzano s'est faite un peu plus grave,
ses mots plus assurés, ses vers un peu plus ombreux et donc plus
proches de l'angoisse existentielle. En épigraphe, une pointe du
grand Hugo sur l'importance de l'insignifiant (le rien, comme il
le nomme) donne le ton.
La poésie de Jocelyne Marazzano affiche désormais des
images plus tranchantes, presque viriles. Son verbe y gagne en
efficacité, tendant à rejoindre celui de son maître.
Il nous semble que la densité de cet ouvrage mérite plusieurs
lectures attentives. En effet, avec Cocteau, nous pensons «qu'il
ne faut pas lire mais relire». C'est le propre de ce recueil qui ne
vise pas à passer le temps mais bien à l'agrandir...