«Jouissons sans entrave !».
Cette formule revendique en tant que réalisation de la libération
sexuelle la disparition de la norme dans le domaine du sexe.
La révolution attendue a-t-elle eu lieu ? Le droit peut-il ou doit-il
«réglementer» ou «normer» la sexualité qui est diverse ? De ce
point de vue, le droit de la sexualité fut longtemps le droit d'une
sexualité hétérosexuelle, monogame dans le cadre institutionnel
de la famille. Comment s'adapte-t-il dans une société où
«la sexualité de chacun procède d'une histoire singulière, sans
double, écrite une fois dans l'univers et ne reproduisant jamais
dans le cosmos» (Michel Onfray, Le souci des plaisirs
Construction d'une érotique solaire, Flammarion 2008) ?
La liberté sexuelle a pu s'affirmer dès lors que s'affaiblissait le
poids de la morale traditionnelle ou de la «morale sexuelle
civilisée» coupable selon Freud de la «maladie nerveuse des
temps moderne» (Sigmund Freud, La vie sexuelle, 13ème
édition, puf 1997). Ainsi, certains comportements socialement
tolérés ont disparu du champs pénal (tel a été le cas de l'adultère
ou encore de l'homosexualité). Pour autant, le droit n'a pas
disparu de la sphère intime des relations sexuelles.
L'objet de l'ouvrage est de donner un éclairage actuel et renouvelé
sur les relations qu'entretiennent aujourd'hui le sexe et la norme
juridique.