Présentation de l'éditeur
Une plage africaine au bord d'un océan de rêve, la terrasse d'un bungalow... Francis, Conseiller du Ministre du Plan est expatrié notamment pour former des jeunes cadres africains. Cette mission lui tient à cœur, bien qu'il adore sa femme, retenue en France pour l'éducation de leur enfant. Et ici, dans ce décor si propice aux déferlements sensuels, Christiane, une consultante, est à la fois si attirante et si attirée elle aussi... Rémy, ami très cher, ne se prive pas de brocarder les scrupules de Francis, qui le font hésiter au nom d'idéaux de fidélité, selon lui surannés. Comment Francis se sortira-t-il des conflits intérieurs qui le tenaillent?
Extrait
UN PAYS D'AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Mars 1992
Sous le soleil aveuglant, entre la forêt tropicale rectiligne et l'océan immense, la plage s'enfuit à l'infini. Deux Européens, depuis longtemps déjà, s'avancent en silence le long de la lisière des vagues qui y viennent mourir.
- Enfin, voilà un bungalow ! C'est celui de Francis ? s'écrie Rémy Courtois, la cinquantaine bien verte et vigoureuse, mais visiblement exténué.
Il s'arrête, forçant son compagnon, qui acquiesce, après quelques pas, à l'imiter.
- Monsieur Guillet, je vous admire. Cette marche sur le sable mou est vraiment épuisante. C'est trop tôt après le petit déjeuner. Je n'aurais pas dû vouloir aller jusqu'à la mer. J'aurais dû suivre votre conseil et aller tout de suite au bungalow.
Il ôte sa chemise.
- C'est bien contre les coups de soleil, mais une chemise, c'est encore de trop. Pour un peu, j'enlèverais mon slip. Il n'y a que cet affreux chapeau qui soit supportable.
Pierre Guillet l'interrompt.
- Je vous en prie, remettez votre chemise. Permettez-moi d'insister. Je vous le répète. Cela peut être dangereux. Moi-même avec mon cuir de vieux colonial, je ne m'y risque pas. Quant à la marche sur le sable, c'est une question d'habitude. Il n'y a d'ailleurs pas beaucoup d'autres endroits où marcher. La brousse, la forêt, ce n'est pas conseillé. Enfin ici, c'est moins étouffant. Il y a l'air du large, les embruns. Cela viendra vite, mais il faut accepter de changer de rythme.
Tout en remettant de mauvais gré sa chemise, Rémy se tourne vers la mer et s'emporte, rageur :
- Ce soleil, ces reflets aveuglants sur l'écume et, sans cesse, ce vacarme du déferlement de la barre, c'est vraiment très dur.
Pierre sourit.
- C'est pourtant beau dans sa sauvagerie. Rémy se retourne. Il sourit lui aussi.
- Vous avez raison. Mais avouez que c'est monotone, cet océan sans îles, sans caps, presque toujours sans navires et cette ligne de cocotiers à l'infini.
Ils reprennent leur marche, longent encore quelque temps le bord de la mer, puis coupent la plage en oblique. Rémy peste à nouveau, car, sur le sable sec, il se brûle les pieds. Il se met à courir, s'essayant à des semblants d'entrechats. Pierre le suit, insensible, s'amusant de le voir se démener. Ils arrivent enfin sur la terrasse du bungalow. Ils prennent des fauteuils, une table et les installent sur la plage devant la terrasse sous des palmiers. Rémy s'empresse d'arracher sa chemise et de jeter son chapeau sur un fauteuil, à côté de celui dans lequel il s'affale. Pierre disparaît dans le bungalow. Très vite, il en ressort en slip de bain avec des boissons. Il fait le service, allume une pipe et va s'asseoir en face de Rémy.