Sylvoisal est avec Chaunes le co-auteur de La furie
française. Mais sa trace dans les Lettres remonte bien loin
avec Le Saint-Esprit de ces messieurs, publié chez le même
éditeur.
Sa fureur reste intacte. Les poèmes qu'il vient d'écrire
traitent des Fins Dernières, sujet rébarbatif à la plupart
de nos contemporains qui l'ont expulsé cavalièrement ou
non de leur esprit, mais qui couronnait jadis le catéchisme
que les petits enfants apprenaient par coeur et qui restent
jusqu'à nouvel ordre l'horizon indépassable de l'âme
chrétienne.
De ce théâtre spirituel, dont Sylvoisal a composé après bien
d'autres la dramaturgie, voire la liturgie, les personnages
principaux sont l'âme pécheresse, le corps concupiscent,
Dieu, le Diable, la Mort, et la Femme principalement dans
son rôle de tentatrice et d'instrument du Démon.
Quelques idiots de famille qui se souviennent d'avoir lu
l'Évangile, peuvent encore dans leurs nuits d'insomnie
mâchouiller ces os. Les autres s'abstenir.