L'adjectif «bon» s'emploie-t-il de la même manière quand
il qualifie les racines d'un chêne, suffisamment profondes et
fortes pour assurer sa stabilité, le comportement d'une abeille
qui indique à ses congénères la direction d'une source de nectar,
ou la volonté d'un être humain qui agit comme il le devrait ?
Oui, répond Philippa Foot. C'est pourquoi on peut parler de
«Bien naturel». Car, dans ces trois cas, le bien est défini par la
forme de vie de l'espèce en question. Un être humain est bon
s'il possède les qualités nécessaires à la forme de vie spécifique
de son espèce.
Ces qualités, ce sont les vertus. Le Bien naturel esquisse
ainsi une théorie fondamentale des vertus humaines, qui restitue
à ce terme l'ampleur et la richesse que lui avait conférées
la tradition grecque. Profondément originale, l'approche de
Philippa Foot lui permet de revisiter toute une série de questions
classiques : la relation entre altruisme et souci de soi,
entre rationalité pratique et vertu morale, entre bonheur et
vertu, pour finir par une discussion du problème posé par
l'immoralisme d'un Nietzsche.
D'ores et déjà considéré comme un classique outre-Manche,
cet ouvrage a donné et donne lieu à d'importantes discussions
dans les pays anglo-saxons et en Allemagne.