Vers le milieu de l'automne 42, l'Allemagne est irrémédiablement entraînée dans la spirale de la défaite. Mais Hitler, dans sa folie, s'acharne, avec entre autres conséquences, la réquisition d'un maximum de main-d'oeuvre dans les pays occupés. Au procès de Nuremberg, Fritz Saückel sera condamné à mort et exécuté pour avoir organisé la déportation massive des travailleurs étrangers. Le cas de la France est particulier, car le gouvernement de Vichy se charge lui-même de livrer à l'ennemi trois pleines classes de la jeunesse française en instituant, en février 43, le « Service du Travail Obligatoire ». Vichy a, en outre, le front d'affirmer que là est le devoir et menace de représailles les familles de ceux qui refuseraient d'obéir. Tragique S.T.O. ! Tragique dilemme pour des garçons de 21 à 23 ans. Une minorité réussit à se soustraire aux ordres iniques, mais 600 000, dont 60 000 ne reviendront pas, ne savent pas ou ne peuvent pas y échapper. C'est ainsi que dix d'entre eux, neuf étudiants et un ouvrier tourneur, se trouvent en juillet 43 rassemblés dans une même chambrée d'un camp de Gleiwitz, une ville du bassin industriel de Haute-Silésie située sur la frontière Germano-Polonaise de 1939. Les S.T.O., en vérité les victimes de la déportation pour le travail forcé n'ont pas pu servir comme la plupart l'auraient souhaité. Mais les dix ont refusé de vivre ce temps avec résignation. Ils sont revenus riches d'une amitié qui les liera pour la vie et qu'aucun jamais ne trahira.