«Je fuis, je ne me dérobe pas. Je fuis, je claque la porte, je m'en vais, je ne vous verrai plus.
Ce n'est pas de la lâcheté, vous savez. Je pars, enfin je vis à la première personne. Enfin je vis tout court. Je fuis sans dire au revoir. Sans appuyer sur la pédale de frein. Tu parles que je ne me dérobe pas.»
Un matin, dans sa salle de bains, Judith, trente ans bientôt, prend la décision de sa vie. Sous sa douche, elle ne le sait pas encore tout à fait, mais ce sera la décision de sa vie.
Elle disparaît, tournant le dos à sa famille, ses racines, ses amis, ses amours, son métier, son domicile, à tout ce qui jusque-là constituait son identité. Croisant sur sa route univers et personnages qui lui étaient jusqu'alors inconnus, Judith part tête baissée à l'aventure et lutte pied à pied avec sa mémoire.
Mais peut-on vraiment tout abandonner et changer de vie selon son caprice, effacer toute trace derrière soi sans avoir à en payer le prix ?
Roman de la révolte et de la reconstruction, récit souvent critique, Dormir loin dans le matin brosse ici et maintenant le portrait d'une jeune femme en quête de force et d'identité, explorant le point de vue de celle qui disparaît.